L'histoire

Le quartier animé du Glebe à Ottawa s’étend sur les limites sud du centre-ville de la capitale nationale du Canada. Ses maisons couvrent toute une panoplie d’habitations, de la maison patrimoniale au premier plan conçue par un architecte jusqu’aux modestes habitations ouvrières du début du XXe siècle. Fold Place remplace l’une de ces dernières maisons dans une rue bordée au sud par le profil ouvert du parc Lansdowne et le pavillon Aberdeen, l’un des rares halls d’exposition en forme de dôme préservés de style Crystal-Palace en Amérique du Nord.

"À l’intérieur, un « pliage » animé d’espaces crée une fluidité horizontale et verticale ainsi que l’interconnectivité."
Les clients, des professionnels qui se sont engagés à suivre le style de vie urbain décontracté de la communauté, ont demandé à Andrew des espaces ouverts et fluides dans lesquels la simplicité ferait paraître les dimensions modestes plus grandes. Reeves, qui a récemment fait des contributions significatives en faveur d’un retour d’Ottawa à son apogée moderniste d’après-guerre, répondit avec une composition de volumes restreints qui optimise le potentiel de l’étroit site de 20 pieds sur 60, de forme irrégulière, tout en générant un profil de rue singulier.

Le volume de base des deux étages, côté rue, intervient pour faciliter l’entrée du côté est. Une baie en porte-à-faux entoure le coin au deuxième étage avec ses lignes nettes, ses couches superposées et ses matériaux tout en contraste, produisant ainsi une œuvre d’art géométrique. À l’opposé, le garage haut d’un étage, revêtu de pin richement teinté contrastant avec le stucco gris clair assez neutre du volume principal, ressort à l’angle du terrain. Le même pin est utilisé pour les soffites à l’intérieur de la baie ainsi que pour casser le volume principal. On retrouve ainsi le même type d’utilisation, sans complexes, des matériaux naturels qui a marqué le modernisme nordique d’Alvar Aalto.

À l’intérieur, un « pliage » animé d’espaces crée une fluidité horizontale et verticale ainsi que l’interconnectivité. L’intérieur, aux murs en grande partie blanc, et simplement détaillé, tourne autour de deux éléments totémiques centrés sur les élévations ouest et est de la maison. L’un d’eux est un escalier sculpté dont les marches d’ébène sans contremarche semblent presque flotter. L’autre est une « cheminée » de lumière, c’est-à-dire un espace vide marqué par une haute fenêtre opaque laissant pénétrer la lumière sur son jardin intérieur situé en dessous. Ces éléments servent aussi à séparer la cuisine et/ou la salle à dîner du salon sans toutefois entraver le sentiment d’ouverture.

Une utilisation généreuse et éclectique des fenêtres et portes vitrées permet de puiser de partout une délicieuse lumière saturée d’ozone que le théoricien Christian Norberg- Schulz a identifiée comme élément très important dans un paysage nordique.

Si de grandes baies vitrées offrant un tableau époustouflant de l’impressionnante coupole du pavillon Aberdeen et les portes vitrées donnant sur le jardin de la cour arrière sont audacieusement voyeuristes, de nombreuses fenêtres à fentes verticales et horizontales contribuent à créer des « tranches de vues » tout en protégeant la vie privée.

En somme, Fold Place est une habitation urbaine parfaite pour adopter un mode de vie informel qui s’engage à impliquer sa communauté avec ouverture et sérénité.

Crédits
Construction : The Lake Partnership.
Menuiserie personnalisée et conception de la vanité : Linebox Studio.
Menuiserie personnalisée et construction de la vanité : Constructive Behaviour.
Ingénieur : Star Engineering.
Photographie : Erin Borg.
Texte : Rhys Phillips.